Miam Monster Miam Forgotten Ladies LP

€ 15.00


2003

 Troisième disque intrigant de l'inclassable compositeur-interprète Miam Monster Miam (alias Benjamin Schoos), Forgotten Ladies permet de découvrir une nouvelle facette de son auteur, artisan d'une mélancolie douce, élégante et fascinante. Forgotten Ladies est un disque assurément mélancolique. Cela ne veut pas dire qu'il soit forcément triste ou sombre - la dissémination, ici et là, d'envolées lyriques et de clins d'œil malicieux empêche toute invasion d'une dépression galopante -, mais qu'il se situe en un lieu crépusculaire, quelque part au milieu des ombres, au plus près des silhouettes fantomatiques, pour les contempler (l'utilisation du silence), les poursuivre (certains accents fantastiques de randonnées épiques) ou, le plus souvent, leur tendre la main (il y a quelque chose de religieux dans certaines chansons, qui tient manifestement de la confession ou de la prière).
Loin des aspirations rock qui animent la scène belge 2000, Miam Monster Miam convoque des ambiances folk et acoustique et colorie ses mélodies subtiles d'accents country. Si le chant sinueux d'une voix possédée emprunte la langue et les sillons des Cohen, Drake et autre Cave, les influences de chanteurs francophones résonnent doucement au fil des chansons (Françoise Hardy, Graeme Allwright et les arrangements expressionnistes de François Rauber).
Le sentiment d'authenticité et de sincérité qui émane de cet album provient également de ses conditions de production et de l'extrême attention portée à la sonorité des instruments (parmi lesquels on retrouve pêle-mêle piano, orgue, accordéon, harpe, cordes, hautbois et … cor anglais!). Enregistré à l'ancienne (tous les participants réunis dans une seule et même pièce) et en analogique, Forgotten Ladies est interprété par quelques-uns des meilleurs musiciens folks du moment : Jacques Stotzem (picking guitare), Philippe Corthouts (pedal steel, guitare, production) et André Klenes (contrebasse, musicien entre autres de William Sheller). Les ondes Martenot de Christine Ott (que l'on retrouve aussi aux côté de Radiohead et Yann Tiersen) soulignent certaines mélodies tout en les rendant mystérieuses. Enfin, les arrangements de cordes sont signés par Renaud Lhoest (arrangeur pour Venus et violonniste de Yann Tiersen) et Henri Graetz (arrangeur pour Katerine, Autour de Lucie, et Czerkinsky). 
Un disque à l'ancienne, certes, mais en aucun cas obsolète, et probablement indémodable, car le voyage qu'il propose se déroule en un lieu où le temps n'a pas cours.

Related products